Page d'accueil


Participez...


Contacts


Petite histoire...


Ceux de l'odyssée


Tour de France


Echanges météo

Pour suivre les péripéties de La Boudeuse à travers le regard des membres de l'équipage, rendez-vous à la page "Journal de Bord".

Eléments d’une brève histoire du trois-mâts « La Boudeuse » autour du monde

Trois années à la découverte des « peuples de l’eau », sur toutes les mers et tous les continents

Historique d’un navire peu commun…

« La Boudeuse » est un trois-mâts construit il y a près d’un siècle en Hollande. Après avoir été navire de commerce dans la Baltique et la mer du nord, il devient navire-école suédois peu après la seconde guerre mondiale. En 2003, il passe sous pavillon français lorsque Patrice Franceschi le rachète et le transforme en navire d’aventure et d’exploration au cours d’une année complète de chantier en Bretagne.

Mesurant 46 mètres de long pour un déplacement de 250 tonnes, « La Boudeuse » est gréée en trois-mâts traditionnel, portant 13 voiles d’une superficie totale de 700 m², dont misaine, hunier fixe et hunier volant sur le mât de misaine. Le navire comporte 4.500 mètres de cordage en gréement courant, 200 poulies de bois, 100 points de tourne aux cabillots, 1.500 mètres de gréement dormant en acier. Toutes les manœuvres s’y effectuent à la main comme autrefois. Son équipage complet est composé de 24 hommes et femmes réunissant les compétences nécessaires à la mise en œuvre à la mer d’un tel bâtiment : capitaine, second capitaine, 1er, 2ème et 3ème lieutenants, bosco, chef mécanicien, second mécanicien, électricien et électrotechnicien, commissaire de bord, administrateur, médecin, gabiers, timoniers et matelots.

« La Boudeuse » est l’un des rares trois-mâts français encore en activité et le seul à accomplir de longues navigations sur toutes les mers du monde. Sa vocation reste la découverte, l’aventure et la science, dans l’esprit des grandes expéditions maritimes et terrestres du « siècle des lumières ». Pour cette raison, font partie intégrante de l’équipage un certain nombre d’écrivains, de philosophes, de peintres et de photographes.

Le capitaine de « La Boudeuse », initiateur du projet, est Patrice Franceschi, marin, écrivain, membre de la société de philosophie des sciences et président honoraire de la Société des explorateurs français.

La grande aventure du tour du monde

En juin 2004, « La Boudeuse » et son équipage se lancent dans un vaste tour du monde sous le haut patronage de l’UNESCO.

Au cours de cette circumnavigation de trois années et de 50.000 milles, le navire et ses hommes se consacrent essentiellement à la découverte de huit peuples mal connus et/ou difficiles d’accès, disséminés entre l’Amérique du sud, le Pacifique, l’Asie et l’Afrique.

Ces huit peuples ont pour dénominateur commun de vivre dans des îles perdues, sur les berges de fleuves oubliés ou le long de côtes délaissées, d’où leur appartenance à ce que l’on peut appeler d’une manière générique les « peuples de l’eau ».

Dans ce tour du monde, les découvertes humaines forment donc la vocation centrale de « La Boudeuse ». La méthodologie mise en œuvre par l’équipage au cours des expéditions terrestres consacrées à ces peuples est toujours la même et se fait toujours dans le même esprit: entrer de manière active et participative dans la vie des microsociétés concernées tout en leur proposant de partager de manière aussi active l’existence de la microsociété formée par « La Boudeuse » et son équipage : en quelque sorte une manière d’échange équilibrée entre deux groupes humains. Une chose impossible aux expéditions traditionnelles qui ne « transportent » pas avec elles leur propre « milieu » et leur propre « monde », en l’occurrence celui constitué par un navire.

Après avoir traversé l’Atlantique et remonté le fleuve Amazone jusqu’aux pieds de la cordillère des Andes - ce qu’aucun trois-mâts n’avait jamais réalisé, surtout sur autant de milliers de kilomètres - l’équipage réalise la première expédition de son programme. Une expédition consacrée aux indiens Yuhup qui sont parmi les derniers nomades de l’Amazonie colombienne.

Quelques mois plus tard, après avoir redescendu l’Amazone puis contourné le continent sud-américain par le nord et le canal de Panama, « La Boudeuse » entame sa longue traversée de l’océan Pacifique. C’est sur cette route qu’a lieu la seconde expédition du navire, à l’île de Pâques cette fois, l’île la plus isolée du monde, pour vivre au milieu des derniers Pascuans, les Rapa Nui.

« La Boudeuse » continue ensuite sa traversée vers la Polynésie française, consacrant sa troisième expédition aux marquisiens de l’île perdue de Fatu Hiva. Des français du bout du monde parmi lesquels l’équipage se fond rapidement.

La quatrième expédition se déroule au cours des six mois suivants parmi différents peuples polynésiens de l’est et de l’ouest du Pacifique, de l’atoll perdu de Marokau dans l’archipel des Tuamotou, à l’île de Futuna, en passant par les îles Cook, les Samoas et les Fidjis.

Quittant le Pacifique, « La Boudeuse » s’engage alors dans le vaste espace géographique et humain de la Mélanésie. La cinquième expédition a lieu dans la petite île de Pentecôte au Vanuatu, au milieu de l’étrange peuple Saa qui chaque année reproduit le rite ancestral d’initiation du « saut du gaul » consistant à se jeter de tours de bois de trente mètres de haut simplement attaché par des lianes aux chevilles.

A la fin de l’année 2005, le navire et son équipage poursuivent leur route le long de la Papouasie et de l’Australie en direction des îles Célèbes et des îles de la Sonde en Indonésie. C’est dans cette région du monde que se déroulent les deux expéditions suivantes. La première s’attache aux marins Bugis des Célèbes qui construisent encore leurs grands navires traditionnels dans des chantiers installés à même les plages et effectuent avec ces navires antiques, appelés « pinisis » de longs cabotages dans l’archipel indonésien. L’équipage de « La Boudeuse », après avoir longuement participé à la construction de « pinisis », entreprend de naviguer avec l’une d’elle jusqu’à Flores pour partager le plus loin possible la vie de ces marins d’un autre temps.

La seconde expédition indonésienne a lieu dans l’un des détroits des îles de la Sonde, celui de Komodo, célèbre pour ses « dragons ». Mais l’équipage de « La Boudeuse » s’intéresse avant tout aux « nomades de la mer » qui y vivent, les « Badjos », descendants de peuples lointains venus des Philippines.

Quittant le sud-est asiatique, le navire entame ensuite la longue traversée de l’océan Indien pour gagner la péninsule arabique. C’est là, au sultanat d’Oman plus précisément, que commence la huitième et dernière expédition de ce tour du monde. Une expédition consacrée aux « fils de Sindbad », ces descendants des marins et caravaniers qui dominaient autrefois le commerce arabe dans l’océan Indien. L’équipage partage ainsi la vie des marins omanais sur leurs boutres et celle des derniers chameliers dans le grand désert de Bidiya.

Cette expédition achevée, « La Boudeuse » met cap au sud pour contourner toute l’Afrique, via les îles Seychelles, La Réunion, Madagascar, l’Afrique du Sud, la Namibie, les îles du Cap Vert et les Canaries. Au terme de ce dernier parcours, le trois-mâts retrouve enfin son port d’attache français après trois longues années de mer et d’aventure.

Des expéditions originales alliant tradition et modernité

La première originalité des expéditions de « La Boudeuse » tient à l’approche et au regard portés sur ces huit peuples au cours des expéditions terrestres. Non pas le regard ethnologique habituel, consistant à décrypter et expliquer les différences culturelles, mais le regard philosophique permettant de chercher les ressemblances humaines par-delà les différences. En somme, chercher ce qui rassemble les hommes plutôt que ce qui les sépare. Dans le contexte des rapports humains contemporains, cette approche originale fait toute la modernité de ces expéditions traditionnelles…

La seconde originalité de l’aventure de « La Boudeuse », a été d’y associer autant que possible les jeunes de France à travers un programme en adéquation avec les valeurs universelles de la jeunesse. Un programme en forme de rêve, d’aventure et de découverte. Au cours de son tour du monde « La Boudeuse » a ainsi accueilli à son bord des groupes de jeunes de 18 à 25 ans, issus des nombreuses villes, départements et régions de France qui s’étaient associées au projet.

« La Boudeuse » est ainsi devenue le territoire de la jeunesse, le lieu où celle-ci a pu réinventer la manière de se connaître et de vivre ensemble, la façon d’aller au bout de ses rêves et de ses entreprises par un regard positif et optimiste sur le monde en marche.

Une production intellectuelle et culturelle très variée

Afin de rendre compte de ces trois années d’expédition autour du monde, la production intellectuelle et culturelle du navire s’est centrée sur :

  • la réalisation avec la société de production L’ENVOL de huit grands films d’aventures vécues par Patrice Franceschi pour France 5, Voyage, et une série de chaînes de télévisions étrangères.
  • La réalisation d’une série de livres aux Editions du Seuil par les écrivains Gérard Chaliand, Jean-Marie Le Clézio, Alain Borer, André Velter et Edouard Glissant.
  • la réalisation d’une série de grands reportages pour la presse française et étrangère, en partenariat avec l’Agence France Presse.
  • la réalisation d’une série de carnets de dessins par les « peintres du bord », aux éditions Glénat.
  • L’édition chez MK2 du coffret DVD des huit films de « La Boudeuse », sorti le 13 juin 2007

« La Boudeuse » appartient à une association et, d’un point de vue financier, fonctionne essentiellement par les revenus qu’elle tire de sa production intellectuelle. Pour le reste, elle bénéficie de quelques subventions publiques, mais existe surtout grâce à l’appui d’hommes et de femmes très divers que cette grande aventure passionne. Ce sont ces hommes et ces femmes, venus de tous horizons, qui permettent au navire et à son équipage de réaliser de grandes choses.

Après un tour des ports de France et un séjour de quelques mois à Paris pour présenter au public le bilan de son action, « La Boudeuse » reprendra à nouveau la mer pour de nouvelles et lointaines aventures.